Retracer musicalement le parcours d’une goutte d’eau, de la grotte glaciaire où elle naît jusqu’à la mer dans laquelle elle se fond, telle est l’idée du saxophoniste baryton bernois Matthias Wenger. Il s’est pour cela entouré d’une redoutable bande de musiciennes et musiciens : Kristina Brunner au violoncelle (que les fidèles des Murs du Son auront déjà pu entendre avec le collectif Low Drift), Angela Avetisyan à la trompette, Philipp Moll à la basse et Vincent Andreae à la batterie.
La musique du quintet flirte parfois avec la musique de chambre par la finesse des compositions et des arrangements, ce qui n’exclut pas un groove implacable lorsque la bande se lance dans une espèce de blues industriel pas piqué des hannetons.
Les ambiances sont extrêmement variées, entre atmosphères oniriques et moments plus pêchus, avec même un clin d’oeil à la musique folklorique suisse lorsque Kristina Brunner délaisse son violoncelle pour empoigner un schwyzerörgeli, petit accordéon traditionnel.
En tant que sixième participant, un verre d’eau, filmé et projeté en direct, devient un acteur visuel et sonore à part entière. Les musiciens interagissent avec lui à l’aide de glaçons, de pierres et de pastilles effervescentes. Ils en extraient des sons, créant ainsi un paysage sonore qui complète leur musique. Ce verre symbolise également l’utilisation responsable de cette ressource précieuse…